Depuis l’adoption du projet de convention collective par les membres du syndicat des enseignantes et enseignants du collège Jean de la Mennais (SEECJDLM), deux rencontres de négociation ont eu lieu. Si nous espérions un rythme de négociation plus soutenu, nous nous butons présentement au manque de disponibilité de l’avocate de la partie patronale.
Le comité pédagogique : une proposition syndicale mal reçue
Toutefois, ce n’est pas là l’élément le plus dérangeant du processus de négociation. Plusieurs enseignants ayant appuyé la syndicalisation l’ont fait dans un but bien précis : améliorer leurs conditions de travail de façon à centrer leur tâche sur leurs missions fondamentales, soit l'enseignement, la planification et l’innovation pédagogiques, l’implication parascolaire auprès des élèves et, surtout, la présence accrue auprès des élèves en difficulté.
À cet effet, une des mesures phares de notre projet de convention collective est la mise sur pied d’un comité pédagogique. Ce comité, qui réunirait un représentant de chaque département, assurerait une participation accrue des enseignants dans les affaires pédagogiques de l’école. Or, lors de la dernière séance de négociation, la partie patronale a balayé nos demandes à cet effet, et ce, sans prendre en compte le moindre de nos arguments. Le tableau ci-dessous résume les demandes syndicales et l’offre, inacceptable, de la partie patronale.
Buts et caractéristiques du comité pédagogique
Comme vous pouvez le constater, dans la proposition patronale, le comité pédagogique ne répond en rien à la demande de changement qu’ont exprimée les enseignants en se syndiquant. Il ne constitue qu’une structure vide de substance, qui ne favorise et ne garantit en rien l’implication des enseignants dans la vie pédagogique de l’école.
Vous avez dit « département » ?
Il est très étonnant de constater que la direction recommande de nommer un délégué par cycle au comité pédagogique. Actuellement seule entité à décider des orientations pédagogiques de l’école, la direction devrait, mieux que quiconque, être au fait des spécificités des départements de mathématique, d’éthique et culture religieuse, de science et technologie, d’arts, d’éducation physique, d’univers social, de français, d’anglais – espagnol, qui doivent chacun faire face à des réalités et à des enjeux extrêmement différents.
Or, lorsque vient le temps de discuter du cœur de la mission du Collège, comment la direction peut-elle considérer raisonnable de donner une voix aux cycles et non à chacun des départements? Cela nous semble aberrant… mais devient compréhensible quand on sait que la partie patronale refuse de voir la notion de département définie dans la convention collective. Nous soulignerons qu’elle y fait pourtant appel depuis des années dans tous les horaires des journées pédagogiques et, aussi, dans la constitution du défunt comité des enseignants…
La reconnaissance professionnelle des enseignants, un bataille à livrer!
Les enseignants sont des spécialistes de la pédagogie et de la didactique. Étant en contact avec les élèves, ne sont-ils pas bien placés pour parler avec la direction des changements à apporter aux pratiques pédagogiques du Collège? Plusieurs de nos collègues n’ont-ils pas débuté ou terminé des études supérieures en didactique, en orthopédagogie, en administration scolaire, en philosophie, en littérature, en psychopédagogie, en science? Pourquoi la direction cherche-t-elle à écarter ses professionnels de discussions qui touchent leurs pratiques ? Pourquoi ne met-elle pas à profit les forces et les savoirs de chacun dans une structure plus transparente et participative? Les réponses à ces questions n’ont pas été données à la table de négociation.
Vos officiers syndicaux croient fermement que reconnaître les enseignants, ce n'est pas uniquement les convier à des repas récompenses ou leur offrir des calepins de notes, des bouteilles ou autres articles à l'effigie du collège. Il s'agit plutôt de solliciter naturellement et régulièrement nos compétences de pédagogues pour définir et dynamiser le Collège. En refusant la création d'un comité pédagogique substantiel, force est de constater que les administrateurs ne sont pas prêts à nous offrir cette reconnaissance.
Négocier, cela signifie « parvenir à une entente par une série de discussions entre deux ou plusieurs parties ». En se dotant d’un syndicat et de représentants élus, les enseignant(e)s du Collège ont gagné ce droit à la discussion avec leurs supérieurs. La partie patronale doit comprendre que ce droit suppose une nécessaire révision des rapports patrons – employés. Jusqu’à maintenant, le message ne semble pas clair : à nous de le faire entendre!
Vos représentants du SEECJDLM

Aucun commentaire:
La publication de nouveaux commentaires n'est pas autorisée.